Ultra dominatrice sur le circuit féminin depuis plusieurs années, l’équipe de France a une nouvelle fois démontré sa supériorité ce week-end, à l’occasion du Loop One Festival, l’événement de présaison de biathlon situé à Munich. D’autant plus que les bons résultats des plus jeunes amplifient le casse-tête pour le coach Cyril Burdet, qui devra en conserver seulement sept pour la première étape de Coupe du monde.
Il nous avait prévenus. Et il a visé juste. Questionné au sujet de l’élimination de Julia Simon, hier matin, dès la phase qualificative du supersprint (16e place, à seulement 3 dixièmes de la place qualificative) Cyril Burdet nous avait alors assuré « que Julia reviendrait demain pour tout casser ». Deuxième de la finale de la mass-start, derrière l’intouchable Lisa Vittozzi, la triple championne olympique des JO de Milan-Cortina s’est en effet rassurée après une première journée qualifiée de « très frustrante ». « Après la déception d’hier, je suis vraiment très satisfaite du niveau d’aujourd’hui, attestait la Savoyarde. Hormis Lisa qui était très en jambes, je n’ai pas perdu trop de temps sur les filles de derrière donc c’est plutôt bon signe. »

En tête après le second tir couché alors que l’Italienne partait à la faute et sur l’anneau de pénalité, Simon a bataillé mais n’a pas su résister au retour de la tenante du titre. « Lisa était vraiment plus forte que moi aujourd’hui, concédait la trentenaire. Même si j’avais réalisé le plein sur le dernier tir (2 fautes), je ne pense pas que je serais allée au bout »
Un week-end plein de promesses pour les plus jeunes
Victorieuse hier sur la mass-start après une première place acquise le matin sur le supersprint, Océane Michelon n’a malheureusement pas connu le même succès aujourd’hui, éliminée dès la première phase (7/10, 3 fautes sur le couché). « Faire trois fautes sur le couché… on connaît la sanction, philosophait la championne olympique de la mass-start. Ce n’est pourtant pas un mauvais tir parce qu’elles sont finalement toutes groupées en haut à droite. C’est dommage car le tir était bien mieux construit que celui d’hier. »
Promise aux 15 premières places, Océane Michelon a finalement laissé la place à ses partenaires, Amandine Mengin et Paula Botet, toutes deux qualifiées pour la finale alors que Voldiya Galmace Paulin, tout juste 20 ans, a longtemps espéré figurer parmi les dernières repêchées. « C’est toujours décevant de ne pas passer les qualifs mais on va essayer de retenir ce que j’ai fait de mieux aujourd’hui », tentait de positiver la benjamine du groupe.
C’est finalement Amandine Mengin, en difficulté sur la journée d’hier, qui a créé la plus grosse surprise du week-end. Auteure d’un magnifique dernier tour lors duquel elle a repris Suvi Minkkinen et Marthe Johansen – rien que ça ! – et d’un joli 18/20 derrière la carabine, la Vosgienne s’est hissée sur le podium, juste derrière Julia Simon. « Je suis trop contente, s’extasiait-elle à la fin de la course. Je n’étais pas forcément dans un bon élan psychologique après la journée d’hier mais les coachs m’ont un peu botté le cul ce matin. J’ai réussi à me remotiver et dans le dernier tour, j’ai donné tout ce que j’avais. Je ne voulais pas la lâcher celle-là ! »

« On est les meilleures partout »
Championne olympique en 2026 – grâce au relais Camille Bened, Océane Michelon, Lou Jeanmonnot et Julia Simon – l’équipe de France féminine marche sur la concurrence. Entre les plus expérimentées – Jeanmonnot, Simon, Braisaz-Bouchet – les nouveaux talents – Michelon, Bened – et les jeunes qui se dévoilent progressivement – Mengin, Chauvau, Galmace Paulin, Botet – la concurrence est de plus en plus relevée. De quoi faire des nœuds au cerveau du coach Cyril Burdet. « On est les meilleures partout, insiste Julia Simon. Tout le monde sait qu’il faut se donner à fond car les filles de derrière seront là pour nous titiller. » À six semaines du lancement de la Coupe du monde à Kontiolahti, en Finlande, les dernières semaines de stage vont être décisives puisque la France ne pourra délivrer que sept places pour la première étape de Coupe du monde.

Nathan Duvivier
