Malgré une préparation intense terminée il y a à peine deux jours, Océane Michelon et Éric Perrot ont parfaitement entamé le Loop One Festival, l’événement de présaison basé à Munich. Entre la victoire de la Savoyarde et la troisième place du vainqueur du Globe de cristal 2026, les Bleus ont, à six semaines du lancement de la Coupe du monde, une nouvelle fois démontré tout leur potentiel.
Il est finalement reparti avec le sourire. Frustré après sa prestation mitigée en fin de matinée lors de la phase qualificative (2 fautes sur 10, 12e place), Éric Perrot a su régler la mire – et la carabine – au cours d’une finale qu’il a davantage maîtrisée et terminée à la 3e place derrière le Suédois Martin Ponsiluoma et le Norvégien Johan-Olav Botn. « Au final je m’en sors bien, souriait le vainqueur du Globe de cristal 2026, satisfait de monter sur le podium malgré un manque de sensations le matin même. Je ne m’attendais pas à ça au vue de ce que j’ai montré ce matin. J’ai réussi à passer mes tirs couchés et à faire de bons tirs debout engagés qui m’ont permis de jouer devant jusqu’à la fin. C’est une très belle course et un bel apprentissage pour la suite. »

Tout juste revenus d’un stage de trois semaines en haute altitude à Ramsö (Suède), les Bleus avaient en effet les organismes éprouvés. L’enchaînement en moins de trois heures du sprint et de la mass-start n’a rien arrangé. « Je suis un peu vidé, appuyait Emilien Claude, auteur d’une très belle journée conclue à la 9e place, juste devant son frère Fabien (11e). On n’a pas vraiment l’habitude de faire deux courses dans la journée. Je n’ai pas réussi à gérer ma récupération, ni mon alimentation. »
Océane Michelon en patronne
Elle est arrivée sur la pointe des pieds. Elle est repartie avec la victoire, les deux pieds bien ancrés sur la première marche du podium. Malgré une préparation « difficile » au cours de laquelle elle a « réajusté quelques détails sur la carabine », Océane Michelon a parfaitement maîtrisé sa finale, auteure d’un joli 19/20 et accompagnée d’un niveau de ski de très haut niveau. « J’avais à cœur de jouer et de m’amuser un peu car ces derniers temps, j’avais un peu du mal à retrouver mes repères sur le tir, dévoilait la championne olympique de la mass-start. Dans des courses comme celles-ci avec beaucoup d’énergie, j’ai parfois tendance à m’exciter un peu. Aujourd’hui, j’ai réussi à rester calme malgré une première faute donc je suis vraiment satisfaite ».

Alors que Paula Botet, Amandine Mengin et Voldiya Galmace Paulin, des filles davantage familiarisées à l’IBU CUP – l’antichambre de la Coupe du monde – ont logiquement pris la porte dès les qualifications, la déception est plutôt venue de Julia Simon. En difficulté sur le pas de tir (3 fautes sur 10), la triple championne olympique a dû se contenter de la 16e place, à seulement 3 dixièmes de la dernière place qualificative pour la finale. « C’est une très bonne expérience pour les trois plus jeunes qui ont pu se confronter aux meilleures mondiales et prendre en expérience, retenait Cyril Burdet, l’entraîneur de l’équipe féminine. Pour Julia c’est d’autant plus frustrant car elle était plutôt bien sur les skis. Il y avait beaucoup de frustration mais je suis sûr qu’on aura une Julia revancharde dès demain. » Avec un format de « mini mass-start », une course qu’elle affectionne particulièrement, Julia Simon aura en effet la possibilité de rappeler, demain, qu’elle reste une des patronnes du circuit.
Nathan Duvivier
