Longtemps mis de côté, le 39e mondial a fait honneur à sa première sélection en Équipe de France en apportant deux des trois points nécessaires à la qualification. Pour la première fois depuis 2019, les Bleus verront la phase finale de la compétition, qui se déroulera du 18 au 23 novembre, à Bologne, en Italie.
« Cocorico » ! Appelé pour la première fois par Paul-Henri Mathieu, le sélectionneur de l’Équipe de France, « Coco » Moutet a largement contribué au succès des siens ce week-end, lors du deuxième tour de Coupe Davis. Au lendemain de son succès face au jeune croate Prizmic (119e), le Français a récidivé contre Marin Cilic (60e), glanant au passage le troisième point tricolore, synonyme de qualification.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/09/13/image-9c1a22c4-f61c-45e3-bcda-0f034a58a0d7-85-2560-1440.jpeg)
À 26 ans, cette performance restera dans les mémoires d’un joueur qui a longtemps été mis de côté en sélection. Pour cause : un tempérament volcanique, provocateur, parfois même allant au-delà de l’acceptable. Et donc, pas forcément digne de porter les tuniques de l’Équipe de France. Mais désormais, celui qui semait la terreur sur les courts lorsqu’il était adolescent est arrivé à maturité, tout en maintenant son style de « joueur frisson ». Un changement de comportement qui lui a notamment permis d’atteindre le 39e rang mondial avec des performances remarquables cette année comme à Washington, où il est arrivé jusqu’en demi-finale du tournoi (6-4 6-3 face à De Minaur) alors qu’il avait été repêché dans le tableau principal après une défaite en qualification.

Un joueur fait pour les matchs de Coupe Davis
Profitant également des forfaits d’Arthur Fils et d’Ugo Humbert, le Parisien s’est donc vu attribuer une place de titulaire dans cet effectif, au sein duquel Arthur Rinderknech a lui aussi trouvé sa place. Avec la défaite du double – Herbert et Bonzi – Moutet a dû retourner au charbon, hier, malgré les 3h27 de match de la veille.

Dans une ambiance survoltée acquise à la cause de Cilic, le Français a rapidement pris les devants avec un double break d’entrée. Malgré quelques frayeurs, il a remporté le premier set (7-5). Chahuté par le public croate, Moutet a su rester concentré et a prouvé qu’il était bel et bien un joueur taillé pour ce genre de match à enjeux. Avec ses innombrables amorties, suivies de lobs ou de passings, il a rendu fou l’ancien numéro 3 mondial – déjà battu la veille par Rinderknech – et les 3500 spectateurs avec. Serein, il a su écarter plusieurs balles de break et breaker au moment opportun pour conclure le match (7-5 6-4).
Une première depuis 2019
Avec trois victoires sur trois en simple, les Bleus ont donc obtenu leur billet pour la phase finale de Coupe Davis, à Bologne, du 18 au 23 novembre 2023. Une sacrée performance puisque l’Équipe de France n’y était plus parvenue depuis 2019, soit six ans de disette.
En novembre, Paul-Henri Mathieu aura un sacré casse-tête à résoudre, puisque Arthur Fils et Ugo Humbert, les n°1 et n°2 français seront probablement rétablis de leurs blessures. Avec une telle performance, Corentin Moutet a-t-il les moyens pour s’imposer en tant que titulaire ? Cela va dépendre de plusieurs facteurs, mais, aujourd’hui, une chose est sûre : le divorce entre le joueur et l’Équipe de France est bel et bien entériné.

