Alors qu’on leur promettait la misère en raison d’un tableau extrêmement désavantageux, les Français ont, pour la plupart, bien négocié leur premier tour, notamment Arthur Rinderknech et Benjamin Bonzi, tous deux tombeurs de deux top 10. Alors que Carlos Alcaraz s’en est finalement sorti en cinq sets face à l’Italien Fabio Fognini, d’autres têtes de série sont également passées à la trappe.
Sortir de chez soi et traverser quelques rues pour se rendre au commerce le plus proche demande déjà un effort considérable sous ce soleil de plomb. Alors, imaginez jouer un match de tennis sous cette chaleur, avoisinant les 35 °, parfois pendant plus de 4 h ! Il fallait être prêt physiquement pour tenir le choc. Cette météo caniculaire est peut-être la raison pour laquelle bon nombre de têtes de série, notamment des top 10, sont passées à la trappe dès le premier tour (Rune, Medvedev, Museti, Zverev), permettant ainsi d’ouvrir le tableau. Les favoris du tournoi et les frenchies ont quant à eux répondu présent.
Des Français tout feu tout flamme face aux membres du top 10
Le tirage n’était vraiment pas favorable pour les Français, puisque quatre d’entre eux avaient hérité de top 10 en guise de match d’ouverture. Vous m’avez dit top 10 ? Même pas peur. C’est bien la mentalité qu’ont eu ces derniers, qui ont tous mis en difficulté leur adversaire direct.
Benjamin Bonzi, 64e mondial, a idéalement lancé ses compagnons en disposant de Daniil Medvedev en quatre sets (7-6 3-6 7-6 6-2), ce lundi matin. Impressionnant tant physiquement que tennistiquement, le Nîmois a notamment été chirurgical dans les moments importants, surtout lors des deux tie-breaks. Halluciné par le niveau proposé par son adversaire, le russe lâchait même en plein match : « Pourquoi il ne joue pas comme ça tout le temps ? Non, il décide de faire ça une fois par an ! ». De nature placide, le Français restait de marbre lors de l’interview d’après match, déjà concentré sur son second tour. Il affrontera l’australien Jordan Thomson, tombeur de Kopriva en cinq sets.
Arthur Rinderknech avait lui, hérité du n°3 mondial, Alexander Zverev. En forme ces derniers temps après un début de saison compliqué, le Sudiste a joué sans complexe, appliquant à la lettre la tactique opérée par son entraîneur Lucas Pouille. Agressif et impérial au service (9/9 balle de breaks sauvées), le 72e mondial a dû attendre le cinquième set pour se jeter au sol et exulter. Commencée le lundi en fin d’après-midi, la rencontre s’est arrêtée à un set partout (7-6 6-7) avant de reprendre ce mardi après-midi. Plus mordant, Rinderknech a empoché le troisième set avant de voir l’Allemand revenir au score, alors qu’il était à deux points du match dans le tie-break du quatrième. Il s’est finalement imposé en cinq sets (7-6 6-7 6-3 6-7 6-4) disposant ainsi de son premier top 3 après s’être offert Ben Shelton, son premier top 10 au Queen’s (7-6 7-6). Il affrontera le Chilien Garin au prochain tour.

Le scénario aurait pu être similaire pour Giovanni Mpetshi Perricard face à l’Américain Taylor Fritz (6-7 6-7 6-4 7-6 6-4). Menant deux sets zéro, le Français s’est finalement incliné en cinq sets, alors qu’il n’était qu’à deux points du match lors du tie break du quatrième. Revenu sur le terrain le lendemain après la suspension de la rencontre à deux sets partout en raison du couvre-feu instauré, les deux hommes sont revenus avec les mêmes intentions. Mais c’est finalement le Français qui a totalement craqué lors de son ultime jeu de service, permettant au numéro 5 mondial d’accéder au second tour. Même chose pour Alexandre Muller, qui a bataillé mais a finalement cédé face à l’immortel Novak Djokovic. Malmené par le Serbe lors du premier set, le Français a su se ressaisir pour chiper le second avant de baisser le pied en fin de partie. (6-1 6-7 6-2 6-2)

7 Français sur 12 au second tour
Concernant les autres frenchies, la majorité a répondu présent, et de fort belle manière. Adrian Mannarino, issu des qualifications s’est facilement imposé face à l’Australien O’Connell (6-2 6-4 6-3) et affrontera son compatriote Valentin Royer, tombeur de Stefanos Tsitsipas, devenu méconnaissable depuis deux ans et qui a abandonné avant la fin de la rencontre (6-3 6-2).
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Les rencontres ont été plus accrochées pour Gael Monfils, vainqueur d’Ugo Humbert dans le choc franco-français (6-4 3-6 6-7 7-5 6-2) et pour Arthur Cazaux devant Walton (6-3 7-6 4-6 6-7 6-1). Comme à Roland Garros, les deux hommes ont dû batailler jusqu’au cinquième set pour accéder au deuxième tour. Avec cette fois, une issue favorable pour le plus jeune (il avait perdu face à Tabilo en cinq sets à Paris).
Enfin, Corentin Moutet, récent finaliste à Mallorca, s’est tranquillement imposé face à Comesama (6-4 6-4 6-2) mais sera opposé à un adversaire plus coriace au second tour en la personne de Grigor Dimitrov, 21e mondial. En revanche, c’est fini pour Hugo Gaston et Quentin Halys, tombés respectivement face à Mensik en quatre sets (6-1 4-6 6-2 6-2) et Holmgren en trois (7-6 6-3 6-4). Le bilan reste toutefois très positif pour le clan tricolore.

Malgré la frayeur Alcaraz, les favoris ont répondu présent
Le double tenant du titre s’est fait peur mais va bien revoir le gazon londonien. Bousculé, l’Espagnol s’en est finalement sorti en cinq sets pour son entrée en lice (7-5 6-7 7-5 2-6 6-1) après un énorme combat face à l’Italien Fabio Fognini. À 38 ans, l’ancien numéro 9 mondial avait toujours des restes dans le bras mais ses jambes sont devenues de plus en plus lourdes au fur et à mesure des 4h11 de match. Fort de son titre à Roland Garros, Alcaraz a eu du mal à se trouver sur le court central, commettant de nombreuses fautes (62 en tout), dont certaines assez grossières. Mais, comme à son habitude, il a su remettre les pendules à l’heure durant le dernier set, ne laissant aucune chance à Fognini. L’homme aux cinq Grands Chelems remporte donc son 28e match sur les 29 précédents, et poursuit sa quête de triplé à Wimbledon.

Jannik Sinner s’est quant à lui imposé tranquillement face à son compatriote Nardi (6-4 6-3 6-0) et n’a été nullement déstabilisé par le changement opéré au sein de son équipe la semaine dernière. Le numéro 4 mondial Jack Draper s’est lui aussi qualifié en trois petits sets face à Baez (6-2 6-2 2-1 ab). En revanche, quelques outsiders ont également pris la porte, comme Rune, Musetti ou encore la sensation Bublik, qui espérait mieux faire après sa victoire à Halle la semaine dernière.
